Les prothèses péniennes peuvent jouer un rôle positif. Ce sont des tuteurs rigides ou semi-rigides (types Subrini, Jonas, Small-Carrion ou Finney) insérés en permanence dans la lumière de chacun des deux corps caverneux. Le principe est de redonner à la verge une rigidité la plus proche des conditions physiologiques.
Toutefois, ces prothèses comportent, en dépit de leur matériau biologiquement inerte (le silicone pur, de bonne qualité médicale) et des progrès techniques, des complications fâcheuses et quelques inconforts: infections, difficultés d'adaptation à la taille pénienne résiduelle, résistance urétrale à l'écoulement urinaire et amarrage insuffisant, d'où un risque d'ulcération mécanique et d'extrusion. Ces dangers sont particulièrement accrus chez le paraplégique en raison de l'anesthésie locale, du mauvais contrôle vaso-moteur et surtout de la plus grande exposition aux infections urinaires potentiellement liées aux dysfonctionnements vésico-sphinctériens préexistants.
Avec les prothèses hydrauliques, certains de ces inconvénients sont éliminés. En outre, l'appareillage est mieux adapté car il permet à la verge de conserver un état de repos et d'être commodément sollicitée à volonté. Il comprend deux ballonnets intra-caverneux gonflables au moyen d'une poire de commande intra-scrotale. Un réservoir hydraulique assure le remplissage. Il est soit confondu avec la commande (prothèse type Genny), soit placé à l'intérieur de l'abdomen en situation pré-péritonéale (prothèse type Scott). Malheureusement, le système hydraulique reste entaché d'un coût excessif et d'un défaut de fiabilité (panne de valves) obligeant alors à des réinterventions (22 % d'échecs).
Dans tous les cas, qui dit prothèse dit forcément corps étranger susceptible de rejet. Les candidats à ce traitement doivent en être conscients. Ils seront scrupuleusement avisés avant toute décision de mise en place.
Tahar ALLAS et Dominique LE LANNOU Unité de Biologie de la Reproduction - CECOS de LOUEST CHR Hotel-Dieu 35000 RENNES
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